Écoute donc quelle est, selon l'opinion commune, la nature et l'origine de la justice. C'est, dit-on, un bien en soi de commettre l'injustice, et un mal de la souffrir. Mais il y a plus de mal à la souffrir que de bien à la commettre. C'est pourquoi les hommes ayant essayé des deux, et s'étant nui longtemps les uns aux autres, les plus faibles, ne pouvant éviter les attaques des plus forts, ni les attaquer à leur tour, jugèrent qu'il était de l'intérêt commun d'empêcher qu'on ne fît et qu'on ne reçût aucun dommage. De là prirent naissance les lois et les conventions. On appela juste et légitime ce qui fut ordonné par la loi. Telle est l'origine et l'essence de la justice : elle tient le milieu entre le plus grand bien, qui consiste à pouvoir être injuste impunément, et le plus grand mal, qui est de ne pouvoir se venger de l'injure qu'on a soufferte. On s'est attaché à la justice, non qu'elle soit un bien en elle-même, mais parce que l'impuissance où l'on est de nuire aux autres la fait regarder comme telle. Car celui qui peut être injuste, et qui est vraiment homme, n'a garde de s'assujettir à une pareille convention; ce serait folie de sa part. Voilà, quelle est la nature de la justice; voilà d'où l'on prétend qu'elle a pris naissance.
Et pour te prouver encore mieux qu'on n'embrasse la justice que malgré soi, et parce qu'on est hors d'état de nuire aux autres, faisons une supposition. Donnons à l'homme de bien et au méchant un égal pouvoir de faire tout ce qui leur plaira; suivons-les ensuite, et voyons où la passion les conduira l'un et l'autre. Nous ne tarderons pas à surprendre l'homme de bien marchant sur la trace du méchant, entraîné comme lui par le désir d'acquérir sans cesse davantage, désir dont toute nature poursuit l'accomplissement, comme d'une chose bonne en soi, mais que la loi réprime et réduit par force au respect de l'égalité.
La vérité... Tous ceux qui tentent de se l’approprier, et il sont nombreux (religieux, politiciens, scientifiques, philosophes...), sont à l’origine de bien des souffrances. Quand un scientifique revendique la vérité, il se heurte à un religieux qui la revendique également. D’une certaine manière, revendiquer la vérité, c’est commencer à construire des murs alors que chacun s’accorde à dire qu’aucun mur ne saurait contenir la vérité. A ceux qui clament "Dieu est la vérité", "la science est la vérité", "l’art est la vérité", pourquoi ne pas suggérer : la vérité est Dieu, la vérité est science et la vérité est art... Cela n’a l’air de rien mais cela change tout. Ce n’est plus par une démarche scientifique ou religieuse que l’homme accède à la vérité mais par une démarche de vérité que l’on peut accéder au divin ou à la science. Ce n’est plus la religion ou la science qui s’impose à l’homme mais l’homme qui accède à la vérité par une exigence intérieure et guidé par sa propre conscience. Cela ne supprime pas le mal sur terre ni les guerres, tous ceux qui ont cette exigence de vérité témoignent que c’est un combat mais sans commune mesure avec les effroyables gâchis qui jalonnent notre histoire. Le mensonge c’est la foi des maîtres et des esclaves ! La vérité, c’est le dieu des hommes libres Ta vérité A des degrés divers Nous sommes tous des aveugles, Guidés par des aveugles, Qui guidons ces aveugles. Et pourquoi un aveugle Ne pourrait-il en guider un autre ? Jusqu’au jour où, comme les véritables aveugles, Nous réalisons avec émerveillement Que l’on peut se diriger seul, guidé par sa lumière intérieur, Et que maîtres et enseignements sont de simples point de repères Comme les bruits du monde extérieur .Ne crois pas ce que je te dis Ne rejette pas ce que je te dis. Ce qui restera sera ta vérité.
Un peu, beaucoup, passionnément, à la folie ? Qui ne se rappelle pas avoir effeuillé .................. cherchant à vaincre l'affreux doute quant à l'amour du ou de la bien-aimée ? Qui ne se rappelle pas les émotions du premier amour naissant à 14, 16 ou 18 ans ? Comment la proximité de l'élu(e) pouvait nous faire chavirer et rêver pendant des heures... avant même de lui avoir adressé la parole ? Nous étions en amour avec l'Amour. La première sortie, le premier baiser, la première promesse, la première caresse, le premier projet rêvé à deux. Il était tellement merveilleux ; elle était tellement belle ; rien n'existait plus sans lui ; l'avenir n'était pas possible sans elle. Notre amour était pur et éternel. Nous transformions le monde, avions les plus beaux enfants et nous vivions heureux. Rien ne pouvait nous arrêter. Sauf...La première peine d'amour. Que de pleurs et de sanglots ! Comment a-t-il pu me faire cela ? Jamais je n'aurais imaginé qu'elle puisse être comme ça. Quel grand vide crée la première peine d'amour ! Que de mal au ventre et à l'estomac la perte de l'être aimé peut susciter. Quelle déprime ! Et juste avant de sombrer complètement, voilà qu'arrive... un nouvel amour. Nous nous rappelons toujours avec nostalgie nos premières amours d'adolescence. Et comment l'apprentissage de l'amour a pu être parsemé d'embûches, mais aussi de plaisirs et de joies indescriptibles. Jusqu'au moment où enfin la perle rare arrive et qu'on fasse le grand saut : on se promet de s'aimer toujours, pour le meilleur et pour le pire.
Il est vrai que le coeur a des raisons que la raison ne connaît pas, mais la raison peut enseigner au coeur la direction à prendre et comment reconnaître les indices précurseurs de l'essoufflement de l'émotion. L'amour durable, on ne le répètera jamais assez, est fait de passion et de raison, de coeur et de tête .Vivre à deux n'est pas un comportement instinctif. Nous devons apprendre à vivre à deux, tout comme nous avons appris à marcher, parler, écrire, faire de la bicyclette, conduire une voiture, faire notre métier, etc. Mais... où sont les professeurs ???
Encadré - L'amour, c'est : Offrir des fleurs sans raison. Aimer l'autre, surtout démaquillé. Faire le petit quelque chose qui fait la différence entre être bien et être très bien. Mettre son nez dans l'oreiller de l'autre lorsqu'il est parti. Accepter l'importance d'une distance temporaire. Trouver agréable de faire la vaisselle parce qu'on est ensemble. Savoir rigoler ensemble, l'un de l'autre. Téléphoner, dire je t'aime, et raccrocher. Effleurer l'aura de l'autre, sans le toucher physiquement. Se voir avec de nouveaux yeux. Prendre le rasoir de l'autre sans se faire chicaner.
Tant qu’un homme n’a pas découvert quelque chose pour lequel il serait prêt à mourir, il n’est pas à même de vivre .Qui sait si vivre est ce qu’on appelle mourir et si mourir c’est vivre ? Mourir fait partie de la vie. Et ceux qui ont peur de la mort sont aussi ceux qui ont peur de vivre. Veux-tu apprendre à bien vivre, apprends auparavant à bien mourir Qui apprendrait les hommes à mourir, leur apprendrait à vivre Ce n’est rien de mourir ; c’est affreux de ne pas vivre. Ce qu’on appelle raison de vivre est en même temps une excellente raison de mourir L’esprit philosophique consiste à préférer aux mensonges qui font vivre les vérités qui font mourir.

